arbre_indo_EDans l'imaginaire des peuples européens, la forêt et les arbres tiennent une place à part. Couvert végétal dominant de l'Europe intérieure depuis la fin de l'ère glaciaire (vers 10 000 av. J.-C.), la forêt représente tout à la fois une matrice de la vie, un réservoir de ressources (alimentation animale et humaine, chauffage, éclairage, construction), un refuge enfin, dans les temps d'insécurité. De ce rôle central, elle a tiré une valeur symbolique très forte, qui lui confère le statut de lieu étrange, inquiétant tout autant que merveilleux ; c'est en fait un domaine qui échappe en partie aux hommes. L'arbre lui-même s'est chargé d'une symbolique fondamentale : plongeant ses racines au plus profond de la terre, s'élevant vers les cieux, il fait figure de lien reliant les mondes souterrains (ou chtoniens) et célestes ; dans de nombreuses mythologies européennes, c'est un arbre qui joue le rôle d'axe ordonnant le monde. Ainsi de l'Yggdrasil des Scandinaves, ou encore de l'arbre qui selon les Celtes marquait le centre du monde.

DesbrosseC'est de cet imaginaire commun que vient le profond respect de beaucoup d'Européens pour cet être vivant qu'est l'arbre, et c'est un très bel hommage à cet héritage que vient de rendre Alain Desbrosse, avec un livre intitulé Les arbres remarquables de Bourgogne, publié en 2008 aux Editions de l'Escargot savant. L'ouvrage, fort bien conçu, propose, après un tour d'horizon européen et français, un vaste panorama des arbres les plus anciens et les plus majestueux de notre région. Chaque notice comprend une description de l'arbre, les caractériqtiques principales de l'essence concernée (chêne, platane, bouleau, etc.), mais aussi d'utiles indications sur l'accessiblité de l'individu décrit.

Un travail remarquable, qui rappelle à fort juste titre que notre patrimoine ne se limite pas à ce qui fut construit, mais aussi à ce qui fut préservé et vénéré par ceux qui nous ont précédés.