Terres éduennes

Communauté gauloise Bourgogne

04 juillet 2009

La Rochepot

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Le château de la Rochepot (Sâone-et-Loire) impose au visiteur sa puissante silhouette, rythmée par de hautes tours, et domine le paisible village et son église romane. Place forte d'un des plus puissants seigneurs de la Bourgogne médiévale, la Rochepot fut entièrement rénové au cours du siècle dernier, après une nuisible période d'abandon.

A propos du premier seigneur Pot, qui donna son nom à la localité, Régnier Pot, dont le petit-fils Philippe devint le conseiller du duc Philippe le Bon et le propriétaire de Châteuneuf-en-Auxois, existe un récit quelque peu teinté de légende, qui vaut sans doute qu'on s'y attarde un peu :

"En 1396, Sigismond, roi de Hongrie, se voyant menacé par les troupes musulmanes du Sultan turc Bajazet, fit appel à l'ensemble des souverains chrétiens.

Une croisade se forma, où figurèrent de nombreux Bourguignons, sous le commandement du Comte de Nevers, devenu plus tard Duc de Bourgogne, sous le nom de Jean sans Peur, c'est d'ailleurs le courage qu'il montra au cours de la bataille de Nicopolis (Bulgarie actuelle) qui lui valut le surnom de "sans Peur". Les chrétiens y furent écrasés par les musulmans.

pot_regnierParmi les rescapés du massacre se trouvait, auprès du Comte de Nevers, le Chevalier Régnier Pot (ci-contre), qui devint, en 1403, seigneur de la Roche-Pot, jusqu'alors appelée la Roche-Nolay.

La légende raconte qu'ayant apprécié les mérites de Régnier Pot, le sultan Bajazet ait désiré s'en faire un allié en lui donnant pour épouse sa propre soeur. Une condition expresse était, bien entendu, que Régnier Pot se convertit à l'islam. Mais Régnier délcara qu'il était marié, que sa religion lui interdisait le divorce et qu'il mourrait plutôt que d'abandonner la foi chrétienne.

"Si c'est ainsi, répliqua le Sultan, tu vas avoir à prouver demain ta valeur dans combat terrible."

Confiant dans sa bravoure, Régnier Pot, après ses prières habituelles du soir, s'endormit paisiblement.

Mais au milieu de la nuit, il fut réveillé par une éblouissante lueur, sans doute d'origine céleste, car au milieu de celle-ci, il crut deviner la silhouette de la Vierge Marie. La Mère du Christ murmura simplement ces deux mots : "Frappe bas !" et s'effaça dans la lumière qui bientôt disparut.

Le lendemain, Bajazet, remettant un cimeterre à Régnier Pot le fit mettre en présence d'un lion furieux. Se remémorant sa vision, le chevalier leva les yeux au ciel et adressa à la Vierge Marie l'hommage qui devint la devise de la famille Pot :

" A la Belle, tant elle vault !"

A ce moment, le lion l'attaqua en rugissant. Mais Régnier Pot frappa bas, coupant les deux pattes de devant de l'animal. Privé de ses moyens d'attaque, le lion fut facilement achevé par son adversaire.

Le Sultan Bajazet, qui avait assisté au combat, exprima son admiration à Régnier Pot et lui rendit la liberté."

31_mai_2009_134Voici donc une belle histoire pour un beau château ; elle nous enseigne encore que la loyauté, le courage et le sang-froid viennent à bout des pires épreuves.

Posté par amaury650 à 11:37 - Châteaux de Bourgogne - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 septembre 2008

La Butte de Thil

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Nous débutons cette rubrique "Châteaux de Bourgogne" par l'un des fleurons de la Bourgogne médiévale : le château de la Butte de Thil, en Côte-d'or. André Malraux avait qualifié le monument de "plus vieux château féodal de France" : en effet, un partie de l'enceinte remonte au IXème siècle, soit à l'époque carolingienne. Si l'on ajoute que la forteresse s'est implantée sur un ancien oppidum gaulois (et non "romain", comme on lit trop souvent), on comprend bien qu'il s'agit d'un lieu de grande portée historique.

Cependant, c'est à partir XIIème siècle seulement que le monument prend la forme qu'il a encore aujourd'hui. Sa situation est remarquable et explique la grande permanence de l'occupation : à près de 500 m  d'altitude, la Butte de Thil permet de surveiller les Monts de l'Auxois, à l'Est, ceux du Morvan, à l'Ouest, et les importantes voies de communication qui depuis des siècles passent dans les vallées du Serein et de l'Armençon.

Au XIVème siècle, Jean II de Thil donne à la famille un éclat sans précédent en accédant à la charge de connetable du Duc de Bourgogne, c'est-à-dire le chef de ses armées. Cette ascension se traduit dans le paysage par la construction d'un immense donjon, un tour de 25 m de hauteur appelée "espionne de l'Auxois" et par la fondation de la collégiale qui fait face au château, à l'autre extrémité de la Butte.

Les deux monuments, privés mais appartenant à deux propriétaires différents, sont classés monuments historiques et visitables. Les lieux, préservés de toute défiguration moderne, sont propices à la rêverie et à l'évocation des temps anciens. Une promenade à ne pas manquer, un lieu extrardinaire pour découvrir l'âme de notre région.

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